Artisanat

Artisanat féminin

Cordonnerie 

” Ce domaine est reservé aux m’allemâte (femmes des m’allemine), qui utilisent principalement les peaux tannées de chameaux et de beouf pour fabriquer des tiziyaten (gros sacs d’intérieur des tentes), des mezwed (grand à sac à grain, ou pour habiller les selles). Avec les peaux de moutons tannées et épilées elles confectionnent des coussins (oussada ou sermiya), des tasufra (pluriel tissefren (sacs de voyages), des varû (pluriel evraw), couvertures (dans ce dernier cas les peux ne sont pas épilées), des tabatières, des porte-monnaies, des kuntiya (petite corbeille ronde recouverte de cuir à col souple pour le transport des verres et de la théière), des “chcaïr (singulier de chcâra) des dhbaïa- (singulier, dhabia) sac de taille moyenne). Avec des peaux de chèvres, elles confectionnent des greb (singulier de guerba) outre à eau, des ‘ekkek (singulier ‘ekka) outre à beurre”. (“L’histoire et l’héritage culturel national : apports spécifiques de quelques castes en milieu maure (lem’allemine-forgerons, iggâwen-griots et Soudâne)”, Abdallahi FALL – Communication au Colloque sur le Patrimoine culturel mauritanien, 29-30 novem. et 1er décembre, 1999)

Tannage traditionnel

“En Mauritanie, les travaux du cuir et de la laine sont exclusivement féminins. Le tannage est très dévalorisé en raison de son odeur et de la nature des produits manipulés. Traditionnellement, les tanneuses sont principalement des Maures de la caste des forgerons. Les femmes négro-africaines affranchies se sont progressivement intéressées à cette activité. Avec l’évolution des moeurs et les bouleversements dus à la sécheresse, certaines femmes maures de caste guerrière se sont également intéressées au tannage afin d’en tirer des revenus. Bien que pratiqué avec un outillage rudimentaire, il apporte tout de même des revenus réguliers à près d’un millier de femmes. On rencontre des tanneuses maroquinières sur l’ensemble du territoire de la Mauritanie. Dans chaque village et dans certains quartiers des centres urbains, elles se sont regroupées en corporations traditionnelles ou en pré-coopératives d’une vingtaine de membres en moyenne.
(Extrait du rapport “La formation artisanale en RIM”, par HAMIDA, K.(BIT)

Esthétique
(…)Traditionnellement, c’étaient les forgeronnes qui étaient chargées de l’embellissement des femmes dans les campements. Elles ont conservé cette spécialisation en ville, tout en l’adaptant à la fois aux conditions de la vie urbaine et aux nouveaux impératifs techniques. Ainsi se sont créés des salons de beauté dans lesquels elles officient souvent à plusieurs, le temps nécessaire à l’execution des reserves requérant l’intervention de quatre d’entre elles pour une meme cliente. Elles sont pour beaucoup membres de la Chambre des métiers de l’artisanat féminin”.(“Le henné art des femmes de Mauritanie”, TAUZIN Aline, Ed. Unesco-IBIS-PRESS, 1998, pp.16 et 42)

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